Hello les ami(es), j’espère que vous allez bien ! Cette année 2022, j’ai eu à cœur de créer Quatre (04) nouvelles rubriques pour le blog, afin de diversifier mes écrits et vous amener à apprendre plus en me lisant. Parmi celles-ci, il y a ce que j’ai nommé : les influenceurs de destinées. Elle sera essentiellement destinée à partager avec vous les biographies et parcours de certaines personnes qui ont influencé positivement autour d’elles et dans le monde. En regardant à ce qu’elles ont pu accomplir, cela va motiver, challenger, et encourager plusieurs à se déployer de sorte à produire un impact positif dans sa communauté et au delà. Billy Graham a dit que: « Chaque vie est faite d’erreurs et d’apprentissage, d’attente et de croissance, de patience et de persévérance». Apprenons donc du parcours, du succès, des erreurs et échecs, de la persévérance et de la croissance des autres afin d’en sortir meilleurs!

Je vous propose de parcourir le résumé du livre : Parole aux femmes : Au sud comme au Nord, elles changent le monde, de la journaliste Gabrielle Desarzens. D’un contenu riche, l’auteur relate le parcours de femmes courageuses ont changé le monde en suivant le chemin que Jésus-Christ a ouvert devant elles.  Pour commencer, voici l’histoire de Leymah Gbowee.

Cette libérienne co-lauréate du prix Nobel de la paix en 2011 à l’âge de 39ans, a contribué à mettre fin à la guerre civile qui a ravagé son pays de 1989 à 2003. Plusieurs fois réfugiée au Ghana, dévalorisée par le père de ses enfants qui la bat, elle réussit à se relever et à mettre en mouvement une armée de milliers de femmes, chrétiennes et musulmanes, en faveur de la paix, alors que son pays s’enfonce dans la guerre. Toutes habillées en blanc, elles organisent de gigantesques sit-in pendant plusieurs mois dans la capitale, Monrovia. Leur but : faire pression sur le président Charles Taylor pour qu’il fasse cesser les combats dans le pays. Lorsque les pourparlers débutent enfin au Ghana, elle s’y invite accompagnée d’une petite délégation de femmes. Alors qu’aucune discussion n’aboutit, elle décide de bloquer les issues du bâtiment où se tient la réunion, de prendre les négociateurs en otages jusqu’à ce qu’un accord soit signé. Elle menace même de se déshabiller devant tout le monde, ce qui représente une terrible malédiction en Afrique. Résultat : les délégués signent enfin un accord de paix et Charles Taylor prend la fuite.

Début des évènements

Leymah a eu un parcours difficile. Juste après son diplôme de fin d’études secondaires, un groupe de rebelle armé en provenance de la Côte d’Ivoire traverse la frontière et pénètre dans le comité de Nimba, dans le nord du Libéria. Leur chef, Charles Taylor, déclare vouloir renverser le président Doe. Leymah a 18 ans. Pendant 14ans, les troupes de Charles Taylor sèment la terreur et la mort au Libéria. Les victimes sont multiples : enfants enrôlés comme soldats, femmes harcelées, violées par les miliciens. Leymah vit avec un compagnon qui la bat. A l’accouchement de son troisième bébé, elle n’a pas de quoi payer son hospitalisation et reste une semaine dans le couloir avec son petit contre elle, humiliée, affaiblie, sale. Les gens qui passaient lui jettent des pièces et du pain. Elle relève toutefois la tête, et trouve la force de quitter cet homme qui la maltraite, et se trouve confrontée à ces questions : qu’est ce qui va m’arriver ? Où va ma vie ? Que dois-je faire ? Elle entreprend alors à se former. C’est d’abord un Programme de guérison des traumatismes et de réconciliation mis en place par l’Eglise Luthérienne dont elle est membre qui l’invite à travailler comme volontaire auprès des réfugiés de guerre.  Cette activité se révèle thérapeutique : elle organise des ateliers avec les villageois qui ont souffert pendant la guerre et les incite à raconter leur histoire pour qu’ils prennent conscience où ils en sont et quels problèmes ils doivent affronter. Il s’agissait ensuite de leur enseigner des méthodes de résolution des conflits qui leur permettraient d’aider leur communauté. C’est de cette manière, continue l’auteur dans sa narration, que Leymah réalise que construire la paix ne signifie pas mettre fin aux combats en se dressant entre deux factions opposées mais en soignant les blessures des victimes, en leur rendant leur force, en leur permettant de redécouvrir leur humanité afin qu’ils soient à nouveau utiles à leur communauté. Elle estime que construire la paix, c’est enseigner qu’on peut résoudre les conflits sans prendre les armes.

En 2001, elle avait réussi à étudier avec des enfants malades à la lumière d’une bougie, en dépit du stress et des tensions qu’entraînait la nécessité de trouver un équilibre entre travail et cours, et la peur de ne pas être à la hauteur. Elle participe à différentes conférences, où elle rencontre Thelmas EKiyor, du Nigéria, avocate spécialisée dans la résolution des conflits. Ensemble, elles vont construire un réseau de femmes pour la construction de la paix, le WIPNET. Pour elle, on ne peut pas guérir un traumatisme quand la violence continue. L’effort essentiel devrait porter sur la paix à construire. On ne peut pas négocier une paix durable sans inclure les femmes dans le processus, mais les femmes peuvent devenir des artisans de paix sans lâcher la douleur qui les empêche d’éprouver leur propre force. Le soulagement émotionnel ne suffit pas en soi pour créer le changement, mais le WIPNET canalisait cette énergie nouvelle en action politique. Elle se forme en politique locale. Elle rédige la nuit des propositions et rêve de recevoir l’ordre de rassembler les femmes afin qu’elles prient pour la paix. Le régime de Charles Taylor étouffe cependant la société civile. Pas d’eau ni d’électricité en ville, aucune liberté d’expression. Toutes les stations de radio et de télévision non contrôlées par l’Etat sont fermées. Même la musique est censurée. Leymah étend son action discrètement en utilisant naturellement les réseaux féminins : quand les vendeuses du marché achètent des fruits et légumes aux paysannes en campagne, elles transmettent son message. Et quand elles vendent leurs marchandises en ville, elles le communiquent à leurs clientèles.

En 2003, de nouvelles violences secouent le pays. Des rebelles font sécession avec les LURD (Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie) et s’emparent de villes et villages dans le sud-est du pays. Meurtres, pillages, vils. Le mouvement de Leymah commence alors à faire des déclarations publiques et invite les femmes du pays à se mobiliser pour la paix tout de blanc vêtues. Leurs exigences n’étaient pas partisanes : elles voudraient que le gouvernement et les rebelles devraient déclarer un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Leymah propose la guerre du sexe à son armée de femmes, soit de se refuser sexuellement à son partenaire tant que les combats continuent. Elle s’adresse à ses sœurs en ces termes : « Dans le passé, nous étions silencieuses, mais après avoir été violées, déshumanisées et infectées par des maladies, après avoir vu nos enfants tués et nos familles détruites, la guerre nous a appris que l’avenir repose dans un NON à la violence et un OUI à la paix. Nous ne céderons pas tant que la paix ne prévaudra pas ». Le 23 avril, à la tête de plus de 2000 femmes, elle défie Charles Taylor en personne, qui l’invite à s’adresser dans les mêmes termes aux rebelles. Le 16 juin, les négociateurs des parties en conflit signent un accord de cessez-le-feu qui prévoit la mise en place d’un gouvernement de transition. Presque immédiatement, Charles Taylor revient sur sa promesse de quitter le pouvoir.

Des pourparlers de paix interviennent enfin au Ghana sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations Unies. Leymah s’y rend avec un petit groupe de femmes, se voit menacée d’être arrêtée : c’est là qu’elle commence à se déshabiller pour montrer son humiliation et déclencher enfin l’aboutissement des négociations. Plus tard, elle décide d’étendre leur action au-delà de l’Afrique de l’Ouest à tout le continent et de créer un nouveau WIPNET qui rassemble les femmes d’est, en ouest, du nord au sud, pour discuter de leurs problèmes communs et fusionner leurs talents. Cette vision puissante a été remise dans la prière. Une nuit, Leymah ouvre sa Bible et lit le verset suivant :

« N’aie pas peur, tu n’éprouveras plus de honte, ne sois pas confuse, tu n’auras plus à rougir », Esaïe 54 :4.

Forte de ce qu’elle reçoit comme un encouragement de la part de Dieu lui-même, elle crée le WIPSEN, soit le réseau des femmes pour la sécurité et la paix.

En 2006, Leymah perd sa sœur Geneva, qui s’était occupée de ses enfants. Peu après, elle se rend à New York pour faire un discours aux Nations Unies à l’occasion du 5ie anniversaire du vote de la résolution 1325 qui appelle à intégrer davantage de femmes dans les programmes concernant la paix et la sécurité ; et qui demande que les pays prennent des mesures particulières pour protéger les femmes et leurs filles de la violence masculine. Une femme prend contact avec elle dans l’idée de faire un film sur son parcours de vie. Film qui sort le 24 avril 2008 pendant le festival du film de Tribeca à New York, sous le titre « Que tes prières renvoient le diable en enfer ». Le film est un succès et est projeté en Bosnie, en Géorgie, en Allemagne, en Afghanistan, en Iraq, en Corée, aux Pays-bas, au Brésil, en Afrique du Sud, au Rwanda, au Mexique, au Cambodge, en Pologne, en Russie, dans les lycées et bibliothèques aux Etats-Unies.

Le 29 août 2010, une petite délégation de femmes, dont Leymah est accueillie par la présidente Ellen Johnson Sirleaf. C’est une première au Libéria. Elles obtiennent que soient développée une politique nationale du genre pour promouvoir l’égalité, une unité spécialisée dans les crimes sexuels au sein du ministère de la justice, une des lois anti-viol les plus sévères d’Afrique et l’instruction primaire gratuite pour les filles. Leymah n’en reste toujours pas là. En 2012, elle crée au Libéria une fondation pour l’éducation des filles qui envoie des boursières à l’école et à l’université. Elle confie à une journaliste : « mon mantra dans la vie, c’est de ne pas dédaigner les débuts les plus humbles ». Oui, en dépit de ses débuts faibles et de tout ce qu’elle avait traversé (souffrance pendant la guerre, mise en couple avec un compagnon violent, grossesses non désirées, alcoolisme, dépression…), elle a su faire preuve de résilience, et emmener des centaines de femmes, sans peur, sur des chemins de paix…

Leymah n’est pas la seule personnalité inspirante présentée par l’auteur du livre.  Bientôt je vous propose l’histoire d’une autre femme inspirante 🧡! 

OLIDI

Crédit photo: Google, istock.

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